Les compétences de demain : Soft Skills et Hard Skills

 

 On appelle Hard Skills les compétences qui se caractérisent par le savoir-faire technique et qui sont généralement sanctionnées par un diplôme ou un certificat. Elles s’inscrivent dans un processus d’apprentissage technique d’origine académique le plus souvent. Sont aussi considérés comme tels la pratique de plusieurs langues, la programmation, les mathématiques, le Lean Six Sigma, etc.

 

 Quant aux soft skills, ces compétences sont plus diffuses et informelles. Elles s’apparentent aux qualités humaines qui nous différencient les uns des autres et qui sont généralement difficiles à mesurer. On classe dans les soft skills, entre autres, les compétences relationnelles, de leadership, d’adaptabilité, de résolution de problèmes, de gestion du stress, d’écoute, pédagogique ou encore d’empathie. Les pays anglo-saxons comme les États-Unis requièrent de la part de leurs étudiants un engagement dans des associations qu’elles soient sportives, sociales, humanitaires ou artistiques. C’est peu le cas en France, qui privilégie les bulletins de notes, l’obtention des partiels, le résultat d’un concours...

 

Le canadien Serge Harvey définit les soft skills comme des compétences tournées vers les interactions humaines et faisant appel à l’intelligence émotionnelle. Il classe les soft skills en 4 catégories :

  • les compétences personnelles (être efficace, être fiable, s’identifier à son entreprise, …) ;

  • les compétences communicationnelles (savoir écouter et donner son avis, être capable de s’intégrer dans un groupe, pouvoir construire un réseau social, …) ;

  • les compétences interpersonnelles (avoir le sens des responsabilités, de l’esprit d’équipe, être conscient de la hiérarchie…) ;

  • les compétences diverses (être débrouillard, avoir des passions, faire preuve d’autonomie, …).

On relève que les crises économico-financières y sont pour beaucoup dans le développement et le renforcement des softs skills telles que la fiabilité et la prudence par exemple. On voit se développer de plus en plus d’Assessment Centers, en interne ou en externe des entreprises, qui se chargent d’évaluer les apprentissages formels par des mises en situation. Ces centres sont alors utilisés pour les besoins en recrutement, pour compléter les évaluations plus traditionnelles. Les méthodes proviennent pour la plupart de l’Amérique du Nord.

 

A Maurice, l’apprentissage des hard skills prime sur celui des soft skills dans le système éducatif et l’on voit apparaître dans de nombreuses entreprises un déficit de ces derniers. Ce déficit est encore plus marqué lorsqu’un technicien ou un spécialiste technique est promu à un poste de management sans aucune expérience des postures managériales requises, c’est-à-dire des soft skills qui correspondent aux fonctions qui relèvent de son domaine de responsabilités.

 

Comment nos entreprises mauriciennes ont-elles intégré ces nouvelles approches d’évaluation et d’acquisition ?

 

On voit se multiplier la présence de coach et de tests d’évaluation ainsi que des formations standards en basic management skills et en leadership skills comme si ces compétences n’étaient qu’une succession de savoir-faire à acquérir pour devenir un manager ou un leader ! La pédagogie est en train de retrouver ses lettres de noblesse dans certaines formations. Celles-ci proposent des approches d’apprentissage où il n’est plus question de se limiter aux connaissances théoriques, ni de pratiquer des jeux de rôles. Dorénavant, le participant s’implique pleinement lui-même dans son propre rôle et il est question de l’aider à se révéler à lui-même et aux autres ses véritables talents auxquels viennent se greffer intelligemment le savoir-faire et le savoir-être. L’enjeu de ces formations se décline en 4 points : l’adhésion du participant, son engagement personnel, le renouvèlement de sa propre valeur ajoutée et l’envie de progresser dans son environnement de travail.

 

Quels sont les soft skills à acquérir pour demain ?

 

Selon une étude du World Economic Forum dans 15 pays, les 10 soft skills les plus recherchés en 2020 seront les suivants :

  • le management des problèmes complexes,

  • l’esprit critique,

  • la créativité,

  • la gestion d’équipe,

  • la coordination des projets et d’entités,

  • l’intelligence émotionnelle,

  • le jugement et la prise de décision,

  • le service client,

  • la négociation,

  • la souplesse cognitive.

Comment développer ces soft skills au sein des entreprises ?

 

Dans la mesure où ces compétences sont difficilement mesurables, les mises en situation sont le chemin par excellence pour appendre. A cela, un autre élément fondamental est la nécessité pour les apprenants de puiser dans ce qu’ils ont de plus profond en eux pour les faire ressortir et devenir pleinement eux-mêmes au lieu de s’approprier un bleu de travail qui n’est pas le leur !

Vous l’avez compris, l’entreprise doit sélectionner ses formations et retenir celles qui misent sur une pédagogie réaliste (acquisition théorique, personnelle, interpersonnelle et pratique) et pragmatique (buy-in en temps réel, cas réels, voir plus clair et agir mieux).

 

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